09.01.2009

Communique d'Anticor association d'élus et de citoyens contre la corruption

Le Chef de l'Etat vient d'annoncer devant les magistrats de la cour de cassation la suppression du juge d'instruction. Il n'a pas été question en contre partie d'instaurer une véritable indépendance du parquet. . Désormais l'instruction sera dirigée par le procureur.

Cette décision n'est pas le fait du hasard. Elle s'inscrit dans une politique volontariste du Chef de l'Etat et de son gouvernement, tendant à mettre sous tutelle la justice et remettre en cause la séparation des pouvoirs. Rappelons nous, il n'y a pas si longtemps : la dépénalisation des affaires, la grâce présidentielle pour des corrompus, l'obstruction du parquet de Paris sur les délits financiers dénoncée par une juge d'instruction du pôle financier, les pressions exercées sur les juges d'instruction qui ont eu l'impudence d'instruire honnêtement des affaires dans lesquelles l'Etat était mêlé comme l'affaire des frégates de Taiwan, l'affaire Elf et bien d'autres encore. Tout concourt à démontrer que le pouvoir n'a toujours eu qu'un seul objectif, celui de verrouiller les institutions démocratiques et de mettre au pas la justice.

Cette réforme, contrairement aux grandes déclarations qui avaient été faites au début de la crise financière sur la moralisation des affaires, la suppression des paradis fiscaux dans lesquels nos propres banques ont des filiales, laisse la porte ouverte aux pires dérives politico-financières. Et si l'on prend en compte le fait que toutes les grandes affaires politico-judiciaires ont pu être instruites grâce aux juges d'instruction et jamais du fait des parquets, on est certain aujourd'hui, que désormais toutes les affaires qui pourront gêner le pouvoir ne verront pas le jour.


Le Président d'Anticor
Jean-Pierre Roux

http://anticor.org/